Dans les secrets du film “Star Trek” avec Alex Kurtzman et Roberto Orci, les deux scénaristes du film

250 clics Par Emmanuel
Publié le mercredi 14 janvier, 2009 à 22:57
Star Trek

Star Trek

Les deux scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci ont dévoilé au site FirstShowing.net des informations sur le prochain et très attendu film “Star Trek”.

Alex Kurtzman and Roberto Orci

Alex Kurtzman et Roberto Orci, sont directement impliqués dans deux des plus gros projets en cours de production à Hollywood.  Ce sont en effet les scénaristes et co-producteurs du très attendu “Star Trek” que réalise en ce moment J.J. Abrams (Mission Impossible III, Alias). Ce sont aussi les scénaristes du second volet de “Transformers : Revenge of the fallen” réalisé par Mickael Bay. On leur doit aussi le scénario de Mission Impossible III.

Star Trek Crew

Voici, pour vous, l’intégralité de cette interview.

(Traduction réalisée par Emmanuel)

FirstShowing.net : Je voulais tout d’abord vous demander comment vous en êtes venus à être scénaristes pour Hollywood et s’il s’agissait d’une passion de longue date ?

Roberto Orci: Ça ne l’était pas quand j’étais gamin. Je pensais que j’allais être avocat mais quand j’ai rencontré Alex au Lycée, nous avons – aussitôt diplômés – commencé à écrire des pièces ensemble et depuis lors, notre rêve a été d’avoir une compagnie de production et d’être scénaristes à plein temps. Ensemble, nous y sommes parvenus.

Kurtzman: J’ai su depuis très jeune que je voulais écrire. J’ai sans doute vu cela comme un moyen d’arriver à la réalisation. Et quand Bob et moi avons commencé à écrire professionnellement, nous avons réalisé que la production était une étape essentielle du processus de création qui nous permettrait de préserver l’intégrité de notre écriture à l’écran. Nous avons ainsi plus de contrôle sur ce qui est effectivement tourné.

FSN : C’était exactement la question que j’allais vous poser. Qu’est ce qui vous a inciter à devenir producteurs?

Orci: Parce que nous avons commencé à la télévision (NDLR : scénaristes d’Alias, entre autres), pour notre premier travail d’écriture, où, en fait, les scénaristes deviennent automatiquement producteurs, nous avons très vite acquis un appétit pour nous impliquer dans tous les aspects de la production depuis l’écriture jusqu’au montage, en passant par les castings. Aussi, quand nous sommes passés au cinéma, c’était déjà une manière naturelle d’aborder les choses. Si vous agissez comme un producteur, il est possible qu’on vous propose de le devenir.

Kurtzman: Nous nous sommes aperçus qu’il y avait, depuis longtemps, une sorte de déconnexion entre les scénaristes et les studios. C’était comme si les studios se disaient “Ok, nous n’avons qu’à engager un nouveau scénariste quand nous aurons un problème avec le scénario”. A l’inverse, lorsque le producteur est aussi un scénariste, ça lui permet de parler avec les autres scénaristes en se comprenant. Nous aimons a penser à cela comme si vous êtes en train de travailler avec un scénariste, en sachant quelle taille de clous, quelle taille et quel type de tournevis vous aurez besoin. C’est un langage très spécifique que les scénaristes partagent donc si vous pouvez parler aux studios une langue et aux scénaristes une autre, pourquoi ne pas avoir les deux casquettes.

FSN : Je n’ai jamais entendu ce genre de réponses  avant, en fait. Est ce que ça a bien fonctionné en terme de résultats? Avez-vous vu vos rapports avec eux changer? Les avez-vous vu devenir meilleurs maintenant que vous avez été capables de produire et d’être plus impliqués?

Kurtzman: On adore fonctionner comme ça. Je pense que plus on pratique, plus on apprend. Chaque nouveau film apporte differents types de challenges  et donc vous devez trouver une solution pour y faire face. La plupart du temps, vous rencontrez un problème qui se résume à : ” Ok, nous avons cette somme d’argent pour faire le film et cette somme d’argent pour faire cette scène, et la scène telle qu’elle a été écrite ne peut pas être tournée pour le montant prévu. Qu’allons-nous faire? ” Et bien, le scénariste doit résoudre le dilemne, et non le producteur. Le scénariste doit trouver la manière de faire et ensuite le producteur doit trouver une solution pour tourner la nouvelle version de la scène , quelle qu’elle soit. C’est donc un processus très unifié entre scénaristes et producteurs. Il est à espérer que les scénaristes et les producteurs soient capables de travailler ensemble malgré la difference de leurs points de vue.

FSN : Lorsque vous attaquez un nouveau projet, comment s’organise votre collaboration? Ce que je veux dire, est-ce que l’un d’entre vous écrit plus particulièrement les dialogues, l’autre l’histoire, ou bien y a-t-il une répartition équitable des contributions au scénario? Est-ce que l’un d’entre vous termine le premier brouillon du scénario et le second le regarde? Comment travaillez-vous ensemble?

Orci: Nous travaillons ensemble (…). Nous nous asseyons l’un en face de l’autre avec, chacun, notre ordinateur et le scénario, c’est notre conversation en fait. Nous contribuons de manière équivalente, pour savoir ce que sera l’histoire et, en fait, pour écrire ce qui est dit et comment les scènes seront enchainées, etc.

Kurtzman: Ca remonte au moment où nous avons commencé à écrire ensemble, c’est à dire au collège. Bob et moi nous appelions, laissions le téléphone entre notre oreille et notre épaule et pouvions parler six heures durant et juste écrire ligne par ligne ensemble, construisant une scène en étant chacun d’un coté et de l’autre du pays. Ca s’est naturellement imposé et nous ne pourrions pas faire autrement. Je ne suis pas du genre à dire ” bon toi, tu prends cette scène et celle la et diviser les choses en deux pour se retrouver ensuite”. Ca a été une conversation permanente, ligne par ligne, du scénario et ça continue à être comme cela aujourd’hui.

Orci: Sauf en cas d’urgence où nous devons alors nous répartir les tâches. C’est vraiment quant on a trop de choses à gérer en simultannement.

FSN : Je suis vraiment fasciné de voir comment votre collaboration fonctionne.

Orci: On se stimule mutuellement

FSN : Juste par curiosité, combien de temps cela vous prend pour écrire un scénario de la première épreuve à la version finale ?

Orci: 6 mois?

Kurtzman: Tu veux dire, entre le moment où on a l’idée et le scénario final ?

FSN : oui

Kurtzman: Nous avons été dans une position assez difficile ces deux dernières années car les scénari sur lesquels nous avons eu à travailler avaient des impératifs de livraison en production très rapidement. Aussi, nous avons eu moins de temps qu’on ne l’aurait idéalement souhaité pour écrire. Mais dans le cas de “Star Trek”, on a eu le temps, n’est ce pas Bob?

Orci: Oui, 6 mois. Ca a mis 6 mois pour aller de l’idée à la version finale du scénario. Paramount a tout de suite accroché à notre première version finalisée, ce qui a été un miracle pour nous.

Kurtzman: Les contrats classiques avec les studios prévoient une période de 12 semaines pour écrire le scénario. Normalement, les scénaristes prennent 3 mois pour une première version et ensuite, environ 2 mois, pour la retravailler. Donc voila ce qui est contractuellement prévu et donc, c’est le temps que ça prend.

FSN : Parlons un peu de vos projets de l’année. Comment vous êtes vous vu confié le projet “Star Trek”?

Orci: Je crois que c’est Alex qui, le premier, a reçu un appel d’un des patrons de la Paramount qui se trouve être un de tes amis, non?

Kurtzman: Oui

Orci: Il m’a dit “Hey, la paramount est interessée pour produire un nouveau “Star Trek”. Est-ce que ça vous interesserait? Et ça a été la première fois qu’on en a entendu parler, il y a environ 3 ans.

Kurtzman: Je crois, me semble-t-il, que nous étions au milieu de l’écriture de “transformers”. Ca nous est tombé dessus et je savais que – lorsque j’avais rencontré Bob pour la première fois – il avait un téléphone “Enterprise”. Il était un vrai fondu de la série; je savais donc que je ne pouvais pas lui parler du projet comme ça. il fallait y réfléchir car c’était une très grosse responsabilité. Il n’était pas question pour nous de simplement faire “Star Trek 11″ .

Orci: En en discutant, quand nous avons réalisé que nous avions vraiment une idée claire de là où nous voulions aller, c’est là que nous avons sérieusement pensé à accepter cette proposition.

FSN : Est-ce que ça avait été un de vos rêves d’enfants, du genre “un jour, j’écrirai le prochain Star Trek” ?

Orci: Oui, ça l’a été. Au lycée, j’ai pensé à ça et après que soient sortis tant de “Star Trek”, j’ai pensé “Ok, c’était un bon rêve. Je pense que ça n’arrivera jamais. La franchise “Star Trek” a été à peu près complètement exploitée.” Et finalement, avoir pu bosser sur ce projet a été un rêve pour moi.

Kurtzman: Et pour moi, ça n’a pas juste été un rêve parce que c’était complètement impossible. je ne pouvais même pas imaginer que nous aurions une telle oportunité. J’ai toujours pensé que nous ferions des films mais pas que nous bosserions sur un projet qui me tiendrait tant à coeur. c’est une sensation tout à fait différente.

FSN : Quelle est la première chose que vous faites quand vous commencez sur un projet tel que “Star Trek” ? Est ce que vous commencez par voir ou revoir autant d’épisodes de “Star Trek” que vous pouvez afin d’avoir une idée de la franchise? Par où commencez-vous?

Orci: Je pense que nous commençons juste avec nos premières idées sans les filtrer ou se censurer, sans être notre pire critique. Juste voir ce qui nous vient à l’esprit et voir où cela nous mène. C’est la première chose à faire. Et après on attaque le travail d’écriture à proprement parler.

FSN : Est-ce que ces premières idées perdurent jusqu’à la version finale du scénario?

Orci: Oui, habituellement parce que sans ces premières idées, tu ne devrais pas commencer à bosser sur le scénario. La raison principale de procéder ainsi est de s’assurer que nous avons une réaction immédiate par rapport à l’histoire que l’on doit écrire, être sûr que nous avons l’instinct de la direction que nous devons prendre. Et si c’est difficile d’y arriver, alors nous hésitons à nous impliquer sur un projet. Quand tu es embauché pour faire un boulot d’écriture, il faut que tu sois persuadé d’être la bonne personne pour mener ce travail à son terme. La plupart du temps, c’est plus facile de convaincre les autres que tu es la bonne personne que d’arriver à te convaincre toi-même de l’être.

Kurtzman: Lautre chose, je pense qui à joué sur “Star Trek”, c’est le coté effrayant de monter à bord d’un tel projet. Ca peut être très bien. Ca peut être un challenge à surmonter par opposition à une situation bien maîtrisée et confortable. Donc je pense que nous avons aussi été motivés de savoir si nous étions capables de porter un tel film.

FSN : A propos de “Star Trek”, c’était l’idée de qui de positionner dans le temps l’histoire avant les épisodes et les films déjà faits.

Orci: Nous en sommes venus à cette idée séparement. C’était certainement instinctif pour tous les deux. La première fois qu’on en a parlé avec la Paramount, c’etait aussi leur façon de voir les choses. je ne sais plus exactement si c’est nous qui leur en avons parlé ou bien si ça nous est tout venu simultanément.

Kurtzman: L’autre chose, lorsqu’on regarde l’histoire glorieuse de “Trek”, c’est qu’il nous a paru choquant qu’on n’évoque jamais comment l’équipage s’est retrouvé ensemble sur l’enterprise. C’était implicite dans des bouts d’histoires mais jamais vraiment raconté alors que ça constitue la plus épique des aventures qu’on puisse raconter à propos de “Star Trek”. Alors, ça nous a donné le sentiment d’apporter quelque chose de nouveau, ce quelque chose qui était en fait de savoir comment tout cela avait commencé. Pour nous, ça a toujours commencé avec Kirk et Spock.

Orci: Et même si j’ai aimé “The next generation”, une des raisons qui nous à fait dire que “Star Trek” devait passer par nous est que peu d’autres personnes auraient eu l’idée de repartir aux origines de la série. Nous pensions que personne n’aurait osé aller dans ce sens là et, pour nous, ça n’aurait pas été interessant de faire la “prochaine, prochaine, prochaine, prochaine génération”. L’idée de repartir avec une nouvelle équipe était devenu une idée usée alors que la vraie nouvelle idée était de retourner à l’équipage d’origine.

FSN : Je suis juste fasciné de voir comment tout cela est arrivé parce que la Paramount aurait très bien pu faire le 11 ème “Star trek” comme elle a fait les autres avant avec une nouvelle équipe, mais quelqu’un lors du processus a dit “retournons aux origines” et c’est en fait ce qui est nouveau. De manière évidente, c’est ce qui a crée du buzz et de l’intérêt et ça apparait aujourd’hui comme étant un bon choix.

Orci: Ca a été l’idée qu’on a présentée et personne n’a vraiment été contre.

FSN : C’est bon d’entendre que c’était aussi la direction que voulait prendre le studio.

Orci: Apparemment (…).

FSN : Sinon, comment ça a été de travailler avec J.J. Abrams? Est-ce le meilleur gars avec qui travailler pour être sûr que ce qui est écrit dans le scénario est bien porté à l’écran? A quel point avez vous collaboré avec lui sur le projet?

Orci: Absoluement, On a été si chanceux de l’avoir pour réaliser le film. je suis sûr que tu as fait des recherches sur le sujet et dois savoir qu’à l’origine, il ne devait que produire le film. Mais ça a toujours été notre objectif secret de le persuader de le réaliser et d’avoir quelqu’un de son importance et de son talent pour donner à “Star Trek” l’attention qu’il méritait. Aussi, nous avons tout fait pour le garder bien impliqué sur le projet mais aussi trouvé des moyens de le surprendre afin de capter son attention. Nous lui avons décrit l’histoire puis, dès que nous avions écrit 30 pages du scénario, nous allions le voir et lui montrions le travail effectué et les prochaines idées qu’on allait écrire afin de lui donner envie d’en savoir plus, en espérant qu’il craque pour ce que nous allions entreprendre. Et dieu soit loué, ça a marché.

Kurtzman: Je pense qu’en tant que scénariste, le mieux qu’on puisse espérer, c’est de travailler avec un réalisateur qui transcrira fidèlement tout ce que vous avez écrit. Et en ayant tous les deux travaillé sur des tonnes d’épisodes d’”Alias” et juste terminé “Mission Impossible III” que nous avions écrit ensemble, il y a quelque chose qui nous unit. Et je pense que J.J. a senti qu’il était approprié que “Trek”, si nous allions prendre l’approche souhaitée, nécessitait une nouvelle vision et une nouvelle perspective en terme de réalisation, que ça aurait besoin d’être un peu plus “rock’n roll” que les versions précédentes et juste plus fort. Nous savions pour notre part que nous devions à tous prix l’avoir à la réalisation. Ca a été un long et dur processus mais au final, je pense que lorsque le script a été achevé, il a pris sa décision rapidement et nous en étions ravis.

FSN : Y-a-t-il eu des craintes que les orientations les plus importantes prises pour ce nouveau “Star Trek” aurait pu être rejetées par les fans ?

Kurtzman: Tu veux dire le fait que ce soit plus gros ou qu’il y ait plus d’action?

FSN : Les deux en fait. Comme j’ai dit, cette nouvelle approche est quelque chose que les gens attendent aujourd’hui, mais est-ce que vous avez pensé à cet aspect des choses lorsque vous avez écrit le script, quand rien n’avait encore été révélé, que ce retour en arrière aurait pu être rejeté, que ce soit lié aussi au fait qu’il y ait plus d’action, à la vision différente, ou bien à la direction que J.J. Abrams voulait prendre?

Orci: Certainement, on n’a surement pas fini le script en se disant : “Wow, ca va choquer le public, rentrons à la maison”. A chaque fois que vous terminez un tel travail, vous espérez que cela sera bien reçu mais vous devez suivre votre instinct. On était assez confiant en fait et évidemment, quand J.J. Abrams a accepté de le réaliser, on s’est dit “Ok”, ça veut sans doute dire quelque chose. Donc, en un sens, ça a été notre premier test pour savoir si nous avions suivi le bon chemin. Son approbation du scénario nous a rendu beaucoup plus confiant dans l’idée que nous avions eu raison.

FSN : Je ne sais pas si vous avez la réponse à cette question mais le fait d’avoir décidé de reporter la sortie du film de Noël 2008 à mai 2009 a-t-il quelque chose à voir avec le buzz généré par le premier teaser (NDLR : on y voit la construction de l’enterprise) ou bien est-ce pour d’autres raisons?

Orci: Ca a, effectivement, été décidé après la diffusion du premier teaser, autrement on ne l’aurait pas sorti si tôt. C’est parce que les studios pensaient qu’il pourrait s’agir d’un potentiel blockbuster pour cet été, au lieu d’un film de Noël.

Kurtzman: Ca a aussi été motivé par la somme impressionnante d’effets spéciaux dans le film. On est encore en train de travailler dessus. donc, rien que l’idée de se dire qu’on aurait sorti le film il y a déjà trois semaines au regard du travail qui reste à réaliser nous semble tout bonnement impossible.

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2 Commentaires

  1. www.fuzz.fr said on 14/01/2009 at 23:05

    Dans les secrets du film “Star Trek” avec Alex Kurtzman et Roberto Orci, les deux scénaristes du film…

    Interview des deux scénaristes qui évoquent leur travail à Hollywood, et la genèse du projet “Star Trek” 2009….

  2. pligg.com said on 14/01/2009 at 23:12

    Dans les secrets du film “Star Trek” avec Alex Kurtzman et Roberto Orci, les deux scénaristes du film…

    Interview des deux scénaristes qui évoquent leur travail à Hollywood, et la genèse du projet “Star Trek” 2009….